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La femme sans tête – Viviane Moore

J’ai trouvé par hasard le tome 2 de cette saga sur un marché aux puces. Intriguée, j’ai aussitôt commandé le tome 1 et le tome 3 pour lire l’histoire dans l’ordre. Et quelle aventure… Un véritable plongeon dans un Paris sombre, violent et fascinant.

📖Résumé :📖

Paris, 1581. La misère envahit les rues. Orgies et fêtes enfièvrent les salons. Jean de Moncel, jeune commissaire au Châtelet, est sur les traces d’un tueur de prostituées. Le corps décapité de l’une d’elles le mène jusqu’à Théophraste Le Noir, médecin qui, replié dans son laboratoire avec sa fille Sybille, cherche sans relâche le secret alchimique de l’Elixir de Vie. Sorcellerie ? Rites occultes ? Machination ?… L’alchimiste est-il le monstre que poursuit Jean, ou bien l’humaniste en avance sur son temps que défend passionnément sa fille ?

📖Ressenti de l’histoire :

L’intrigue n’est pas toujours simple, notamment autour du personnage de Sybille, qui se travestit en homme pour pouvoir assister son père dans ses recherches alchimiques. À une époque où le savoir médical est strictement réservé aux hommes, ce choix n’est pas anodin. Il devient un acte de survie intellectuelle, mais aussi une forme de rébellion silencieuse. Le laboratoire de Théophraste Le Noir, empli de fioles, de symboles obscurs et de manuscrits anciens, est un lieu à part, presque hors du monde, où la science naissante flirte sans cesse avec l’interdit et la superstition.

La quête obsessionnelle de l’Élixir de Vie confère au récit une dimension trouble et fascinante. Entre science, alchimie et croyances, la frontière est mince, et le soupçon de sorcellerie plane en permanence. Cette ambiguïté nourrit la tension du roman : Théophraste est-il un savant visionnaire ou un homme prêt à tout pour percer les secrets de la vie et de la mort ?

Parallèlement, le roman suit une famille issue d’un milieu relativement aisé, animée par un profond sens moral, qui tente de venir en aide à une jeune femme en détresse. Mais l’espoir est de courte durée : elle est retrouvée morte dès le lendemain. Cet échec marque durablement Sybille. Confrontée à l’impuissance et à l’injustice, elle prend une décision radicale : apprendre la médecine, un savoir interdit aux femmes, quitte à risquer sa réputation et sa sécurité.

L’enquête progresse avec l’arrivée de Jean de Moncel, chargé de faire la lumière sur ces meurtres de prostituées. Peu à peu, un lien complexe et troublant se tisse entre lui et Sybille. Elle n’en saisit pas immédiatement la portée, mais cette relation ambiguë, faite de méfiance, d’attirance et de non-dits, apporte une réelle profondeur émotionnelle aux personnages et renforce l’intensité du récit.

✍🏻Ressenti sur écriture :

Viviane Moore propose une écriture dense, immersive et documentée. Le vocabulaire, parfois exigeant, sert parfaitement l’ambiance historique. Les descriptions du Paris du XVIᵉ siècle sont sombres, presque poisseuses, et renforcent le sentiment d’oppression qui plane sur le récit.

Le rythme est progressif : l’intrigue prend son temps, mais chaque détail a son importance. On sent un vrai travail de recherche historique, sans jamais tomber dans le didactique.

👍Point fort :

Le roman se distingue par une ambiance historique très immersive, qui plonge le lecteur dans un Paris sombre et crédible. Le personnage de Sybille, forte et déterminée, apporte une réelle profondeur au récit, tandis que le mélange entre enquête policière et alchimie rend l’intrigue originale et prenante.

👎Point faible :

Le rythme peut paraître un peu lent par moments, notamment en début de lecture, et certains passages demandent une attention particulière en raison d’une écriture parfois dense.

⭐Recommandation :

Noté 4 sur 5

Je recommande La femme sans tête aux amateurs de romans policiers historiques, aux lecteurs qui aiment les intrigues sombres et aux histoires mettant en avant des personnages féminins forts dans des contextes oppressifs. Une lecture exigeante, mais très gratifiante

 

Source :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Viviane_Moore

“Viviane Moore est née en 1960 à Hong Kong, d’un père architecte et d’une mère maître-verrier. Elle naît dans un pousse-pousse bloqué par les embouteillages, ses parents n’ayant pas eu le temps d’atteindre la maternité la plus proche. Elle commence sa carrière comme photographe, à l’âge de 19 ans. Elle devient ensuite journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle vit aujourd’hui près de Chartres.

Sa série de romans policiers historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven l’a fait rapidement connaître du grand public, un succès qui se confirme et s’amplifie avec la Saga de Tancrède le Normand, dans la collection Grands Détectives des éditions 10/18.”

Source Wikipédia

Langue d’origine : Français

Genre du livre : historique / policier

1re édition : La femme sans tête, Viviane Moore, Editions 10/18 (Grands détectives), 2014, 306p.

Mon édition : La femme sans tête, Viviane Moore, Editions 10/18 (Grands détectives), 2014, 306p.

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